L’icône liturgique a un sens théologique. Ce n’est pas un tableau fait pour le plaisir d’œil, ou bien, créé pour qu’on se souvienne des personnes saintes, comme c’est le cas avec les photos qu’on garde pour le souvenir de notre famille et nos amis bien-aimés. L’icône se peint de telle manière pour qu’elle nous relève de ce monde putrescible (pourrissable) et nous aide sentir cette odeur nouvelle du Royaume de Dieu.
Ainsi, elle n’a aucune ressemblance avec les peintures qui, de façon charnelle, représentent certaines personnes, qu’elles soient des saints également, comme c’est le cas avec l’art religieux Occidental.
Sur l’icône orthodoxe, les visages des saints s’inscrivent dans une imputrescibilité.
De cette raison, l’art liturgique ne se transforme pas si vite comme les autres choses humaines, mais il est constant, ainsi que l’Eglise qui l’exprime. La Tradition Sacramentelle est une colonne de feu guidant l’Eglise à travers le désert du monde instable. Ce fait semble étrange pour les gens de ce siècle, qui ne sont pas dans la position de plonger dans la profondeur de la mer spirituelle, et qui nagent à la surface de la sensibilité, lancés par les vagues et menés par les tourbillons.
© Monastère de la Dormition de la Mère de Dieu